ÇA CHAUFFE…

Nous avons conclu aujourd’hui notre cinquième journée de recherche dans les murs du Pharos, à Arras. Celle-ci a été consacrée à dérouler les textes, scènes, vidéos, et chansons travaillées depuis dimanche. On s’est rendu compte qu’en quelques jours on avait accumulé une somme importante de matière. La forme artistique est intéressante, mais pas primordiale. Je veux me consacrer avant tout, au fond des choses.

À la fin de la journée, les deux comédiennes ont pris le pouvoir. Elles ont revendiqué plus de paroles, plus de place pour leur parole, se sentant un peu trop instrumentalisées par la force des différents témoignages évoqués ou lus. Ce qui a fait débordé leur patience c’est la chanson « Mon amour , mon ami » de Marie Laforêt. Elles ont eu l’impression d’être des potiches face à Thérèse et Monique d’anciennes ouvrières présentes au plateau qui nous ont scotché dans leurs rapports aux hommes tout au long de leur vies.

Pour elles, elles ont l’impression de pas pouvoir dire qu’elles souffrent parce qu’il y aurait des souffrances plus importantes que d’autres. Toutes les femmes souffrent à leur manière,  on ne doit pas sanctuariser la souffrance. Elles veulent une parole qui leur ressemble, qui ressemble à leur vécu. Je n’avais pas prévu cette réaction au début du travail. Il est vrai que j’ai décidé de tout remettre à plat de cette nouvelle manière de travailler. Je veut remettre en question sans arrêt le travail et ne figer que les choses au dernier moment. J’ai écouté. Max a dit une chose primordiale  « un travail sur les femmes ne doit se faire que dans un rapport d’égalité homme/femme » Les luttes féministes passées ont souvent désigné la culpabilité masculine en évinçant l’homme de ces combats là. Aujourd’hui, nous, on essaie de réfléchir ensemble, à ces paroles de femmes. Il est sûr que dans ce travail là on en prend pour notre grade, mais ça en vaut la peine. 

Les filles ont dit une chose très juste « on n’est pas des soldats », « On veut décider de notre propre représentation ». J’ai écouté et trouvé qu’elles avaient raison. On a décidé demain de tout remettre à plat, à 24 heures de la présentation. On repart en improvisation.

La méthode est dans le titre « Quotidiens ». On veut parler de notre présent au présent, avec ce que l’on est, nos failles, nos contradictions. Et c’est là et uniquement là que ça vaut le coup. Même si dans ma tête ça chauffe dur ce soir…

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