EN DÉBAT

Pour conclure ce premier numéro de QUOTIDIENS, voici quelques lignes sur le débat d’après-présentation. Ce que l’on peut dire c’est que la présentation n’a pas laissés insensibles les spectateurs. Certains ont étés dérangés par la vision guerrière de certains textes présentés qui prennent l’homme comme un ennemi et la cause de beaucoup de maux des femmes.
Je crois en tous cas que la vision assez crue de l’acte sexuel donné dans certains textes et dit par des femmes gêne encore.
Par exemple une spectatrice a dit qu’aujourd’hui « on n’en est plus là, les femmes ont gagné beaucoup de luttes ». Un autre à dit que la vision des textes n’était pas représentative de la société actuelle ?

Oui mais de quelle société parle-t-on ? Y a-t-il, une ou plusieurs sociétés ? C’est pour cela que j’avais diffusé des portraits de femmes indiennes ou d’Afghanistan.

Par exemple et je regrette de ne pas avoir répondu :
« Est-ce que vous, public dans la salle, représentez la société ?
Non. Vous n’êtes juste qu’un panel de gens à un moment donné face à des artistes qui eux aussi ont choisi un axe de travail précis, là aussi à un moment donné.

Lors de mes interviews préparatoires, certaines voisines du lieu m’ont parlé de la violence des hommes à leur égards, sans fioritures, sans misérabilisme, juste pour dire. Elles n’étaient pas là dans la salle, pour témoigner. Elles n’étaient pas représentées ou alors par une masse silencieuse, qui ne prend jamais la parole en public.

A un moment précis, on a parlé du conflit Moulinex et de la détresse post-fermeture des ouvrières licenciées. Quelqu’un a dit que cette violence n’était pas sexuée, elle était économique. Mais je pose la question « Est-ce qu’à ne trop vouloir globaliser les choses, on ne broie pas tout le monde sous l’autel de la lutte.
Non, une femme ne souffre pas pareil au travail qu’un homme. Les entreprises le savent bien. Il y a un rapport plus affectif à l’outil industriel que l’homme. Une femme ne cassera jamais l’usine qui l’a virée. Elle espérera toujours que cette usine rouvre. Je l’ai vérifié au cours de toutes ces années de rencontres.

C’est pour cela que je parle d’un théâtre de l’instant. D’une culture localisée. Je ne veux plus parler qu’à un point donné. A un moment donné. La diffusion des oeuvres les appauvrie. Nous devons ne parler que d’un endroit à la fois. Sans tirer de conséquences et de beaux discours, juste lancer du lien et du débat. La presse ne joue plus son rôle d’information en étant trop restrictive dans ses choix de sujets, ou à la botte d’une culture dominante. La classe politique dominante est larguée, loin du peuple qui lui va lorgner vers « les faux amis », les plus dangereux. Tout le terreau de l’extrémisme est là.

Aujourd’hui je pense, ces QUOTIDIENS comme une porte ouverte sur le débat, la réflexion.Ce qui est positif c’est que pendant une heure nous n’avons parlé que du sujet et pas seulement de la forme. C’est le but. Je veux un théâtre qui dialogue avec le monde. Pas nombriliste. L’heure n’est pas à l’utopie. Elle est au réel, au présent. A la fragilité de notre présent. Je ne cherche pas de résultat, mais un geste. Je pressens de gros combats démocratiques à venir. Il est temps de se consacrer à nos voisins. Pendant la crise argentine, dans une petite ville à deux cent kilomètres de Buenos Aires, deux étudiants en cinéma avaient créé « le premier festival de cinéma avec les voisins ». Il a eu une répercussion très importante sur tout le continent sud-américain.
Vive le théâtre de voisinage !!!!

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3 commentaires pour EN DÉBAT

  1. loquet dit :

    Je lis..J’apprécie..je prends le temps de répondre puisque je suis en vacances..A bientôt

  2. loquet dit :

    Samedi matin en prenant mon café, j’ai sorti une boîte de laquelle j’ai extrait un classeur que j’ai feuilleté…manifestement, je cherchais un texte précis…et en voici un extrait:
    Ta main.
    Ta large, ta puissante main
    Ta pesante main de labeur et de peine
    Si tu savais comme elle me parle au long des jours
    Plus que des paroles que tu prononcerais
    Encore faut-il entendre son langage plein de subtilités…

    Quand tu rentres le soir, et que tes deux bras m’enveloppent
    Ta main me serrant les épaules, me plonge en ta sécurité.
    Et si, d’un geste fou, tu saisis mon visage ou ma tête
    entre tes mains, ne vois-tu pas que déjà, je t’appartiens
    prête à m’a abandonner….Extrait d’un recueil :mystère du couple…

    J’avais faim de quelque chose de ce genre après avoir vécu l’ampleur du difficile, du glauque , du réel…et la force de la quête de chacun.
    J’avais apporté le livre: »le vieux qui lisait des histoires d’amour.  » Tiens! pas : »le vieux qui vivait des histoires d’amour. »
    J’ai choisi « la liste de mes envies »…(Il était convenu qu’on me le prête…et je craignais de ne pas l’avoir lu avant la sortie du film…). Quelque part, l’auteur y écrit que les hommes sont les bourreaux des femmes.
    Est-ce qu’il y a des êtres qui traversent la vie sans être détruits comme une ville lors d’un bombardement et contraints de se reconstruire pierre après pierre?
    A suivre…peut-être ailleurs, si cet instant est terminé…

    • viesavies2013 dit :

      Merci Odile pour ta contribution. Depuis ce vendredi, je pense beaucoup à cette discussion d’après spectacle. Pourquoi en sommes nous là aujourd’hui ? Pourquoi ai-je vu cette femme ce week-end se battre pour prouver pendant des années que son mari l’avait violée… c’est sûr que les rapports H/F ne doivent pas être guerriers mais peut être, comme tu le dis nous sommes en phase de reconstruction mais prenons le temps de poser pierre à pierre dans une vraie égalité et en n’oubliant personne….

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