Des rencontres et des fantômes

Aujourd’hui deux rencontres importantes avec deux femmes importantes du Bangladesh, des féministes qui combattent depuis des années pour le respect du droit des femmes au Bangladesh et qui accompagnent les victimes rescapées du Rana Plaza dans leurs quêtes de justice et de dédommagement.

Sara Hossein est une grande avocate du Bangladesh, son association Blast accompagne les femmes victimes de discrimination et se bat pour l’émancipation de celles-ci dans un pays à majorité musulman. Pour les victimes du Rana Plaza, elle  com-Image

-bat pour que l’on déclare la responsabilité d’une entité, d’une personne. Jusqu’à présent tout le monde se renvoie la balle : le gouvernement, la très puissante association des propriétaires textiles, et les multinationales. C’est à croire d’après ses dires que « ce n’est la faute de personne…. » Elle se bat donc pour que plus jamais n’arrive une nouvelle catastrophe de ce type. Pour cela, elle chasse les responsabilités et accompagne les victimes souvent illettrées dans la constitution de leurs dossiers. Dans l’interview, elle a appuyé sur le fait que les femmes Bangladaises s’émancipent par leur travail. C’est drôle, il y a quinze ans, les ex-Levi’s de France me disaient la même chose. Travailler quand on est une femme, même dans un boulot aussi dur que la confection c’est gagner plus que sa vie, c’est gagner sa liberté. Au Bangladesh, les femmes qui travaillent dans le textile sont moins mariées de force que les autres, elles sortent plus tard le soir. Bref, elles vivent mieux et leurs enfants vont à l’école. Pour elle aussi, ce serait une catastrophe que les multinationales du textile partent. Il ne resterait que la prostitution pour ces femmes, comme avant. Par contre il faut qu’elles payent mieux les gens. Elle pense aussi que nous occidentaux, devons aider ces femmes dans leur émancipation. Comment ? C’est simple, en sachant d’où viennent nos vêtements et en acceptant de les payer un petit peu plus cher et enfin en mettant la pression sur nos multinationales pour qu’elles veillent au respect des droits de ces travailleurs d’Asie.

A la fin du rendez-vous Sara nous a dit que nous devrions rencontrer une autre personne, une autre figure de la cause féministe Bangladaise : Kushi Khabir, une Indouiste. Et comme depuis le début nous avons de la chance, le rendez vous s’est fait dans la foulée après les embouteillages nécessaires à tout déplacement.

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Kushi Khabir est une femme importante, une figure de la guerre d’indépendance de 1971 et elle accompagne aujourd’hui des projets environnementaux et concerant les droits de l’homme. Par rapport au Rana Plaza, elle accompagne des survivants qui ont créée après la catastrophe une coopérative où ils fabriquent des vêtements éthiques. C’est dingue qu’après avoir touché le côté le plus obscur de cette économie mondialisée ils aient eus cette envie d’économie solidaire. Un souffle d’espoir. Nous allons aller visiter leur boutique qui est à quelques centaines de mètres du Rana Plaza dans les prochains jours.

Hier, j’ai repéré où se cachent les bâtiments des multinationales françaises. Pas de plaque, pas de signes extérieurs de richesse. Un certain anonymat. On se demande vraiment où ils sont. Depuis mon arrivée hormis au Nordic Club, le club suédois, nous avons seulement croisés deux blancs dans Dhaka.

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Je crois que je vais aller leur rendre une petite visite ces prochains jours…

 

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